Coronavirus : en parler ou pas avec les enfants?

Franchement famille

Même très jeunes, les enfants ressentent rapidement l’environnement qui les entoure. La manière dont les parents réagissent à des situations tragiques ou stressantes a une grande influence sur eux. Paniquer ou démontrer que l’on a peur peut alors créer de l’anxiété chez les enfants.

Avec la monté des mesures pour contrer la propagation du coronavirus (COVID-19), beaucoup d’entre nous sommes inquiets et avons les émotions à fleur de peau.

« Est-ce que je dois discuter de cette situation stressante avec mes enfants? Qu’est-ce que je dois leur dire et ne pas dire? Comment puis-je les accompagner dans tout ça? » sont parmi les questions qui chicotent les parents par les temps qui courent.

Rester calme autant que possible est essentiel pour être en mesure de les rassurer, bien qu’il ne soit pas toujours facile de mettre des mots sur de telles situations. L’équipe de professionnels investie dans les questions de bien-être au Conseil scolaire Viamonde, a identifié 7 stratégies pour accompagner les jeunes en temps de crise.

1- Initiez la conversation

À la suite de l’ordonnance de fermeture des écoles et avec l’omniprésence des médias sociaux dans notre quotidien, il est certain que vos enfants ont entendu parler de ce qui se passe.  Même s’ils n’en parlent pas, ça ne veut pas dire qu’ils n’y pensent pas. Sans information ni conversation, les enfants vont développer leurs propres explications et trouver leurs propres réponses, qui peuvent être beaucoup plus dramatiques ou perturbantes que la réalité. Pour amorcer la conversation, choisissez un moment propice et un lieu calme, pour éviter que la conversation ne soit interrompue. Commencez par des questions ouvertes, par exemple :

  • Comment te sens-tu par rapport à ce qui se passe dans le monde?
  • À quoi tes amis et toi pensez par rapport à ce qui se passe?
Crédit photo: Jordan Whitt

2- Soyez à l’écoute

Il est important d’accorder aux enfants notre attention et notre écoute. Ceci signifie qu’il ne faut pas juger ou minimiser ce qu’ils disent, même si cela ne nous semble pas logique.

En écoutant de façon calme, vous communiquez à vos enfants que leurs inquiétudes ne sont pas insurmontables.  Si leurs inquiétudes ne sont pas claires, vous pouvez poser des questions de clarification, telles que :

  • Ce que tu me dis est intéressant, peux-tu me l’expliquer un peu plus?
  • Qu’est-ce que tu veux dire par…
  • Depuis combien de temps te sens-tu de cette façon?

3- Encouragez les enfants à partager comment ils se sentent et soyez empathique

Il existe une grande variété d’émotions possibles liées à des situations de grand stress. Peu importe les émotions ressenties par les enfants, vous devez démontrer de l’appui et de l’acceptation. Il est important de leur communiquer qu’il est normal de se sentir triste ou fâché. Le contraire serait plutôt étonnant. Ils seront plus en mesure d’apprendre à gérer leurs émotions s’ils savent et comprennent qu’elles sont normales.

Crédit photo: Etty Fidele

4- Découvrez ce qu’ils savent déjà, puis corrigez les informations erronées

En écoutant ce qu’ils ont à dire, essayez d’identifier s’il y a des informations ou des idées fausses. Tentez d’identifier quelles sont les peurs et leurs inquiétudes sous-jacentes. Prenez le temps de répondre à leurs questions, de corriger les informations fausses et de partager les faits de façon claire et appropriée à leur âge. C’est normal de ne pas connaître toutes les réponses, n’hésitez pas à dire à votre enfant que vous allez chercher et trouver les réponses ensemble.

5- Limitez l’accès aux médias

Les enfants peuvent se sentir bouleversés quand ils sont exposés à trop d’information. Tout événement d’actualité pouvant susciter de l’inquiétude ou de l’anxiété chez les enfants nécessite un encadrement parental qui permettra aux enfants de mieux comprendre et faire le tri des centaines de bouts d’informations qui abondent de partout.

Crédit photo: Niklas Hamann

6- Rassurez votre enfant

Il est important d’assurer le sentiment de sécurité des enfants. Les plus jeunes, en particulier, ont davantage tendance à s’inquiéter, il faut alors les rassurer en leur rappelant que vous êtes là pour les appuyer, qu’ils peuvent vous poser des questions à n’importe quel moment, et que ce type de situation sort de l’ordinaire.  De plus, il est sécurisant de continuer de suivre une routine.

7- Soyez vigilant

Pendant les jours – parfois même les semaines qui suivent un événement tragique ou inquiétant, il existe des réactions communes qui peuvent inclure entre autres : tristesse, anxiété, fatigue, colère ou irritabilité, distance sociale, maux physiques, manque de concentration, etc. De manière générale, ces sentiments peuvent s’atténuer lorsque les jeunes peuvent en parler, exprimer librement leurs sentiments et qu’ils sont rassurés.

Les signes qui peuvent surgir et indiquer le besoin d’un appui plus approfondi sont lorsque l’intensité et la fréquence de ces réactions augmentent, et lorsque les réactions perdurent et perturbent le bon fonctionnement de l’enfant.

Crédit photo: Max Di Capua

Ça va bien aller

Rappelez-vous enfin que les émotions positives, démontrées ou verbalisées, telles que de l’admiration envers le courage des intervenants de premières lignes, peuvent aider vos enfants à passer à travers de tels événements. Encouragez-les à faire du bien autour d’eux, que ce soit en téléphonant à leurs amis, en écrivant une lettre à leurs grands-parents, ou en cuisinant des biscuits pour le chien des voisins!

Zoé, élève de l'École élémentaire La Mosaïque, invite les jeunes à faire des petites vidéos pour égayer les journées des aînés des Centres d'Accueil Héritage.
Voici le lien Google Drive pour déposer vos vidéos. 

Voir plus

Partager