Zen à l’école : les bienfaits de la salle sensorielle

par Anaïs Latulippe

Les premières salles sensorielles, aussi appelées salles multisensorielles, sont apparues dans les années 1970. À l’époque, celles-ci étaient aménagées selon l’approche « snoezelen » (du néerlandais snuffelen « sentir » et doezelen « somnoler »), qui prône la détente par l’expérience sensorielle. Ces installations, qui font appel aux cinq sens, étaient développées principalement pour répondre aux besoins spécifiques des personnes hyperactives, affectées par un retard développemental, sous le spectre de l’autisme ou encore lourdement handicapées.

Aujourd’hui, on reconnait que ces salles peuvent être bénéfiques pour tout le monde, si bien que leur utilisation est suggérée dans le cadre d’un nombre encore plus grand d’interventions en milieu scolaire. Souhila Benabadji, enseignante ressource à l’École élémentaire Micheline-Saint-Cyr d’Etobicoke est enchantée d’avoir accès à ce type de salle dans son école. « Une salle sensorielle peut être utilisée par tous les élèves! Les écoles d’aujourd’hui prônent encore plus l’inclusion et tous les élèves y sont les bienvenus. Parce que les défis varient, les besoins changent, les outils qu’on trouve dans les salles sensorielles sont aussi en évolution constante. » Plusieurs ensembles de stimulations sensorielles tels que des piscines de balles, des tapis, des lumières ou des panneaux colorés y sont installés pour favoriser la relaxation.

L'enseignante ressource Souhila Benabadji à l'école élémentaire Micheline-Saint-Cyr.

Même si les élèves vont dans la salle sensorielle pour relaxer, se calmer et pratiquer des stratégies de méditation, l’aspect éducatif est très présent. « Aucun cours formel ne se donne dans la salle sensorielle. En revanche, elle a ses propres règles de gestion : ne pas lancer les balles, car un ami peut se blesser, enlever ses chaussures pour aller sur le trampoline, mais les remettre par la suite, etc.… » confirme Souhila Benabadji. Les élèves apprennent des compétences transférables dans leurs apprentissages en salle de classe et dans leur vie courante. « Par exemple, les jeunes gèrent leur temps eux-mêmes grâce à des sabliers. Cette façon leur permet d’être autonomes tout en assurant une rotation des activités.  Les élèves vivent des situations d'apprentissages informelles basées sur des apprentissages antérieurs. Ils collaborent entre eux pour inventer des règles de jeux, font preuve d’initiative et démontrent leur leadership en faisant des jeux de rôles et développent leur créativité en fabriquant des structures. Sans oublier que chez nous, tout cela se fait en français. »

Les élèves vivent des situations d'apprentissages informelles basées sur des apprentissages antérieurs.

L’environnement sensoriel reste d’autant plus bénéfique pour répondre aux besoins d’élèves ayant des difficultés d’apprentissage, des troubles de comportement, des problèmes reliés au Trouble Déficitaire de l’Attention, ou des problèmes de santé mentale (dépression, anxiété, syndrome de stress post-traumatique) et d’autisme. L’interaction qui se fait entre les élèves et les échanges lors des activités qu’offre la salle sensorielle permettent aux intervenants professionnels de faire des observations dans un contexte différent. Ces derniers peuvent alors mieux cibler les défis des élèves et mieux répondre à leurs besoins. Des séances de groupe avec les travailleurs sociaux et des évaluations en orthophonie se font aussi régulièrement dans l’environnement d’une salle sensorielle.

Un travail d’équipe

La salle sensorielle est le lieu par excellence où Souhila Benabadji accompagne les élèves et exécute les stratégies identifiées pour pallier les défis des élèves avec qui elle intervient. Mais tout ce travail requiert la collaboration de plusieurs personnes, dont celle de l’enseignante ou de l’enseignant titulaire et celle des parents, pour que les pratiques mises en place soient harmonisées à l’école comme à la maison.

Est-ce que les élèves apprécient la salle? Il n’y a qu’à voir leur joie en se dirigeant vers la salle et le sourire qui illumine leur visage! Ça ne fait aucun doute. Même le personnel de l’école utilise la salle pendant les pauses pour recharger ses batteries! 

- Souhila Benabadji

Les jeunes gèrent leur temps eux-mêmes grâce à des sabliers. Cette façon leur permet d’être autonomes tout en assurant une rotation des activités.

Que retrouve-t-on dans une salle sensorielle?

Aménager une salle multisensorielle peut être dispendieux. « Les éléments qu’on y trouve sont d’abord sélectionnés en fonction des besoins identifiés pour les élèves en difficulté. Puis, on en rajoute au fur et à mesure », confirme Souhila Benabadji.

 

Ces salles permettent la détente par l’expérience sensorielle.

La salle sensorielle de l’école élémentaire Micheline-Saint-Cyr, par exemple, est munie de :

  • Différentes sortes de tapis de sol (épais, souples, avec des motifs, en forme de casse-tête alphabétique, alphanumérique)
  • Des sabliers (en gel, en sable, coloré)
  • Des panneaux/tuiles tactiles remplis de gel coloré
  • Des tunnels colorés et de matière différente
  • Une tente
  • Des peluches
  • Des cousins colorés avec différentes textures
  • Des lumières
  • Des coussins oscillants
  • Quelques meubles
  • Un trampoline
  • Une piscine à balles multicolores
  • Un coin pour écouter de la musique de relaxation
  • Un coin aménagé avec des boites contenant différentes sortes d’objets sensoriels en caoutchouc ou en plastique mou ou dur
  • Des balles
  • Des pédalos
  • Des casse-têtes avec des formats différents

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