Quatre directions d’école ouvrent les portes de leur bureau à la maison

par Anaïs Latulippe 

La direction d’une école est la personne chargée de diriger et d'administrer un établissement scolaire, d'en coordonner les opérations et de conduire son personnel vers l’atteinte d’objectifs élaborés en fonction de la réussite et du bien-être des élèves. Aujourd’hui, ces leaders pédagogiques poursuivent leur mandat, dans des conditions extraordinaires. En effet, même si le bâtiment de leur école est fermé, l’école en soi reste bien ouverte; la vie scolaire continue et est plus forte que jamais!

Engagées vers l’excellence en éducation, les directions d’école sont des alliées indispensables à la réussite et au bien-être collectif des élèves. De nos jours, avec l’aide du personnel de leur école, ils composent entre leur vie professionnelle en s’assurant la continuité des apprentissages de nos jeunes et le balancement de leur vie personnelle.

Distanciation sociale oblige, quatre directions ont accepté d’ouvrir les portes de leur nouveau bureau, duquel elles apprivoisent le concept « d’école à la maison ».

Beaucoup a changé, mais certains plaisirs restent

Pour Dounia Bakiri, directrice de la nouvelle école élémentaire Dyane-Adam à Milton, le travail de direction d’école en lui-même n’a pas vraiment changé, mais a plutôt été réorganisé. « Il a fallu s’approprier efficacement la plateforme virtuelle qu’on utilise tout en motivant l’équipe et garder l’esprit de famille, malgré la distance. Mais nous avons toujours les mêmes exigences envers nous-mêmes pour appuyer tous les élèves et être à l’écoute de leurs familles qui collaborent fort depuis le début de l’enseignement à distance. », explique-t-elle.

Mère de famille, Dounia est heureuse de pouvoir passer plus de temps avec ses deux filles, mais l’action et la vie bourdonnante de l’école lui manquent. Ne pas voir le sourire des élèves, entendre le bruit dans les corridors, entretenir des conversations en face à face avec le personnel, sont toutes autant de facettes de la vie d’une école qui ne font plus, pour l’instant, partie de son quotidien. Malgré tout, certaines choses n’ont pas changé : « Je me lève tôt et me prépare comme si je me rendais au travail. Mes filles trouvent ça drôle et me demandent souvent pourquoi je m’habille et porte des souliers alors que je reste à la maison et je ne rencontre personne! » Pour elle, toutefois, ces petits gestes lui permettent de se préparer mentalement à la journée de travail devant elle et de l’aborder le plus normalement possible. 

 

Dounia Bakiri, directrice de l'École élémentaire Dyane-Adam à Milton.

De sa chambre transformée en bureau où un minimum de dérangement est permis, Dounia occupe sa journée à prendre des appels, accompagner son personnel, faire des tournées virtuelles dans les différentes classes, puis être présente auprès des élèves en intervenant lors des séances de clavardage. Elle continue de prendre le temps de maintenir de bonnes relations avec les parents en leur parlant au téléphone ou en répondant à leurs courriels, puis à accomplir les tâches administratives qui incombent à la direction d’une école. À travers tout cela, Dounia se garde un peu de temps pour vivre sa passion pour la cuisine. Cette activité lui confère un moment privilégié de relaxation, de créativité et de partage en famille.

Un changement bienvenu malgré tout

Baudelaire Fogno Ouambo, directeur de l’École secondaire Étienne-Brûlé à Toronto, se considère chanceux de faire l’expérience d’une nouvelle routine qui intègre la gestion de ses deux enfants à sa journée de travail! Sa conjointe, qui œuvre dans le secteur de la santé, est amenée à travailler loin de leur foyer. « Le contexte de télétravail actuel me donne l’opportunité unique de réinvestir le temps passé sur la route pour avoir plus d’interactions virtuelles et de faire de nouvelles activités ludiques et physiques avec mes enfants à partir de la maison. », se réjouit-il. Posant un regard positif sur la situation, Baudelaire a élaboré un horaire et des règles de fonctionnement qui permettent à chaque membre de la famille de s’acquitter de ses obligations quotidiennes.

Baudelaire Fogno Ouambo, directeur de l'École secondaire Étienne-Brûlé de Toronto.

L’éternel optimiste avoue néanmoins que l’enthousiasme des élèves à continuer leurs apprentissages en ligne, le dévouement de l’ensemble du personnel, la collaboration de l’ensemble de la communauté scolaire et le désir de prendre part au succès de l’apprentissage à distance lui donnent l’énergie de continuer. « Malgré le contexte actuel, plus de 95% des élèves de mon école participent activement aux classes virtuelles! J’ai bon espoir qu’on va bientôt tourner la page de la COVID-19 et retrouver la chaleur habituelle de la communauté d’Étienne-Brûlé qui me manque beaucoup en ce moment. »

Plus c’est différent, plus c’est pareil!

En 19 ans de carrière, Pierre Séguin, directeur de l’École élémentaire LaMarsh à Niagara Falls, n’a jamais vécu pareille situation. Habitué depuis des années à accueillir personnellement les élèves à l’école, à livrer les annonces au micro, à effectuer des visites régulières en salle de classe, à accompagner son équipe et à appuyer les élèves, Pierre mène la plupart de ses interventions dans la bonne humeur et avec tout le charisme qu’on lui connait. Pas surprenant, donc, que les conversations avec les élèves, leurs familles, et les membres du personnel lui manquent énormément.

 

Pierre Séguin, directeur de l'École élémentaire LaMarsh de Niagara Falls.

« J’ai dû m’habituer à demeurer assis devant mon ordinateur pour répondre à de multiples courriels, assister à des classes en ligne et à organiser des rencontres via Skype. »  Pour rendre le tout plus agréable, Pierre s’installe souvent dehors pour écouter le chant des oiseaux, en compagnie de ses deux petits chiots qui découvrent du même souffle leurs capacités vocales. Mais rien ne remplace le rire des élèves dans les corridors de son école. Malgré tout, les vidéos, les messages positifs qu’il reçoit des familles et ses interactions avec les membres du personnel lui donnent l’espoir d’un éventuel retour à l’école. Mais la vie est loin d’être plate chez les Séguin!  « Avec quatre enfants d’âge scolaire et une épouse qui est enseignante, c’est un peu comme si j’étais à l’école tous les jours! » partage-t-il avec humour.

« En tant que famille, on tente de garder une routine stable.  J’ai conservé mon horaire de travail régulier et les enfants ont un horaire équilibré en intégrant l’activité physique quotidienne et des marches en famille le soir. »; un conseil qu’il souhaite partager avec l’ensemble de la communauté. « Prenez soin de vous, profitez du temps précieux qui vous est donné avec vos enfants, gardez le sourire et restez positif, ensemble on va y arriver! »

Avec le temps on s’habitue

Déchirée entre son optimisme inné et les inquiétudes entourant l’avenir, la directrice de l’École secondaire Ronald-Marion de Pickering, Gertha Sambour, préfère quand même mettre l’accent sur les côtés positifs que l’on peut tirer de la situation actuelle. « Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour, je serais en train de parler à mes élèves à travers un écran. », indique celle qui se surprend désormais à planifier des séances de cuisine virtuelles avec ses amies et des soirées de jeux de société à distance avec les membres de sa famille élargie.

« L’adaptation est essentielle! Nous sommes tous, en quelque sorte, redevenus des apprenants. » Par ailleurs, Gertha indique que sa communauté scolaire prend plaisir à découvrir de nouvelles stratégies d’apprentissage et de nouvelles ressources en ligne pour motiver et engager les élèves au maximum.

Gertha Sambour, directrice de l'École secondaire Ronald-Marion de Pickering.

Du jour au lendemain, sa table de salle à manger s’est transformée en bureau de travail. Elle organise sa journée pour pouvoir préparer les repas et s’assurer que ses enfants participent activement à leurs cours. Jongler entre ses différentes tâches est devenu le quotidien de plusieurs, mais pour Gertha, cela lui permet néanmoins de passer plus de temps avec sa famille tout en créant des liens plus étroits avec les membres de son personnel qui vivent une situation comparable.

Le vendredi 1er mai 2020 est la Journée nationale des directions d’école. Franchement famille souhaite une journée fantastique aux directions d’établissements scolaires qui contribuent au maintien des apprentissages des élèves malgré la pandémie de la COVID-19. Merci!

 

 

 

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