Rencontre avec Jessika St-Martin, autour du 11 novembre et du Souvenir

Par Anaïs Latulippe

 

Issue d’une famille de militaires, Jessika St-Martin, animatrice culturelle au Conseil Scolaire Viamonde, a travaillé à l’organisation de la cérémonie du 11 novembre dans nos écoles. Se souvenir ensemble pour avancer sereinement pourrait être sa devise.

Rassembler, unifier et uniformiser sont les trois principes que Jessika St-Martin, animatrice culturelle de la région de Penetanguishene, avait en tête au moment d’organiser la célébration du jour du Souvenir 2020 dans les écoles Viamonde.

Organisée cette année de manière totalement virtuelle, la cérémonie du Souvenir a été suivie en direct dans nos écoles sur la plateforme TEAMS, accessible par tous les élèves Viamonde, qu’ils soient en classe ou à la maison.

Une contrainte avec laquelle Jessika St-Martin, organisatrice de l’événement, a dû composer pour rendre hommage aux Canadiennes et aux Canadiens tombés au champ d’honneur pour défendre nos libertés.

C’est à nos deux élèves-conseillères, Inés de la Roca et Javan Mayrand, que Jessika a confié l’animation de cette cérémonie, comme pour mieux impliquer les élèves encore. En présence du conférencier des Forces Armées Canadiennes le Major Mercier, des élèves de 7e et 8e année de l’École élémentaire des Quatre-Rivières d’Orangeville ont récité le poème Au champ d’honneur de John McCrae avant d’observer une traditionnelle minute de silence.

En parallèle, des couronnes de coquelicots avaient été confectionnées dans toutes nos écoles pour être ensuite déposées au pied des monuments commémoratifs. Nous avons rencontré Jessika St-Martin pour évoquer cette journée et son parcours.


Jessika St-Martin, animatrice culturelle de la région de Penetanguishene. 

Jessika, l’organisation de cette Journée du Souvenir était un peu particulière cette année…

Oui, en raison de la pandémie, nous avons dû organiser une cérémonie du Souvenir virtuelle cette année. Mais s’il fallait retenir malgré tout un aspect positif c’est que pour une fois, tous les élèves et les membres du personnel ont pu suivre virtuellement la même cérémonie au même moment. Pour moi cela contribue aussi grandement au sentiment rassembleur que cette journée doit évoquer. Je suis ravie par le soutien que j’ai obtenu du Conseil pour rendre cet événement possible. 

C’est une cérémonie qui te tenait d’autant plus à cœur que tu viens d’une famille de militaires.

Mon père faisait partie des Forces Armées Canadiennes alors, comme plusieurs familles de militaires, nous avons beaucoup déménagé à travers le pays depuis que je suis née. Jusqu’à mes huit ans, nous nous déplacions régulièrement près de différentes bases militaires canadiennes. Par la suite nous nous sommes établis à Borden dans le nord de l’Ontario. Dans ma famille, tout ce qui avait trait aux Forces Armées Canadiennes n’était aucunement tabou ou caché. Nous en discutions de façon complètement transparente et ouverte en évoquant le positif comme le négatif. Très jeunes, pour nous sensibiliser mon petit frère et moi, notre mère nous emmenait tous les ans aux cérémonies d’armistice et aux parades militaires auxquelles mon père participait souvent. Ainsi, j’ai eu la chance d’entendre beaucoup de discours cérémoniaux, de rencontrer différents vétérans et de comprendre encore mieux ce que vivent les familles de militaires lorsqu’un de leurs proches est déployé pendant des mois et des mois. Mon père n’a pas été envoyé outre-mer, mais il a passé plusieurs mois sur des bases militaires canadiennes sans pouvoir nous voir, parti pour des entrainements ou pour assurer des formations. Dès que l’occasion s’est présentée, j’ai accepté sans hésiter de participer à l’organisation de la cérémonie virtuelle officielle du Conseil. C’était tout naturel pour moi de le faire et je suis ravie de cette expérience. 

Que représente le Jour du Souvenir pour toi qui es aussi animatrice culturelle, œuvrant quotidiennement avec les jeunes dans les écoles?

Le 11 novembre représente pour moi le souvenir de la Première Guerre Mondiale ainsi que de toutes les autres guerres qui ont suivi. À l’école, en cours d’histoire, les élèves sont automatiquement sensibilisés au jour du Souvenir et par conséquent aux guerres qui ont eu lieu, comme des éléments qui font partie de notre histoire commune. Il serait intéressant d’alimenter les réflexions et les discussions sur les missions courantes auxquelles le Canada participe et d’ouvrir le dialogue avec les jeunes issus de familles militaires ou des jeunes enregistrés au programme des Cadets. Je suis convaincue que nous sommes dans la bonne direction et allons réussir à, non seulement continuer à nous souvenir de ceux qui sont tombés dans nos conflits passés, mais également à ouvrir un dialogue avec la communauté des Forces armées actuelles. En tant qu’animatrice culturelle, mon rôle est de contribuer au partage de connaissances, d’avoir une influence auprès des jeunes et de leur parcours tout en organisant des événements avec le soutien de mon équipe. Pour moi, c’est une mission personnelle de partager aussi les histoires et les différents parcours des familles de militaires. Pour inclure tout le monde, nous avons eu l’idée que chaque école construise sa couronne commémorative sur laquelle chaque élève a apposé un coquelicot. Les animateurs culturels sont passés d’école en école pour récupérer les couronnes et les déposer au monument commémoratif de leur région. Chaque couronne a été prise en photo pour compiler une mosaïque qui rappelle que chacune d’entre elle représente une école et chaque coquelicot représente à son tour un élève de Viamonde. Quand quelque chose nous tient réellement à cœur, on donne tout notre temps pour que ce soit un succès. Le chemin entre le début et la finalité peut aussi nous surprendre, et pour ça, je peux dire que j’ai été agréablement surprise de voir l’intérêt que les différents services du Conseil ont exprimé quant au 11 novembre. 

 

 

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