Judelène Pierre : PIDEF, alliée et désormais infirmière à notre chevet!

Par Anaïs Latulippe

Dans les écoles Viamonde, les familles nouvellement arrivées en Ontario peuvent faire appel au PIDEF pour favoriser leur intégration. À l’école, les nouveaux élèves peuvent aussi compter sur des élèves « Allié(e)s » pour les guider dans leur nouvelle vie.

Rencontre avec Judelène Pierre, dont le sens du dévouement va bien au-delà de l’école. D’abord accompagnée par le programme PIDEF, elle est ensuite devenue Alliée afin d’aider d’autres élèves à son tour.

Comment le PIDEF t’a-t-il permis de t’intégrer à ton arrivée au Canada?

J’ai été scolarisée en Haïti jusqu’en 8e année puis j’ai continué mon secondaire ici à Toronto, à l’École secondaire Etienne-Brûlé. Mes premières impressions étaient que tout me paraissait énorme et j’étais dépassée par tous les changements que je vivais. Alors, dès notre première année, ma grande sœur et moi avons participé aux rencontres du PIDEF. J’avoue qu’au début, je me sentais seule et dans mon coin. Mais avec l’aide des allié(e)s, j’ai commencé à élargir mon réseau et me faire de nouveaux amis. Ça nous a beaucoup aidées. Je ne ratais aucune rencontre et je participais à la majorité des activités qu’on nous proposait! Je me souviens d’ailleurs qu’une de mes sorties préférées en groupe était la soirée du Gala du Mois de l’Histoire des Noirs organisé par le Centre francophone du Grand Toronto.

L’année suivante, il te semblait naturel de devenir alliée à ton tour. Comment s’est passé ton changement de position?

Nous avons eu trois jours de formation au Centre francophone où on nous a appris à approcher les nouveaux élèves et à savoir comment leur proposer de l’aide et les guider vers les bonnes ressources. Je me souviens qu’à la rentrée, il était difficile d’avoir tout le monde à nos rencontres du midi. Alors, pour amadouer les élèves inscrits au programme, on les encourageait à venir partager une pizza avec nous. Ça fonctionnait! Mais, ils et elles ont vite compris l’importance et les bénéfices qu’apportent nos échanges lors des rencontres. Je dirais qu’au moins 50% des élèves concerné(e)s continuaient à participer aux rencontres et aux activités le reste de l’année. Grâce au programme toutes et tous finissent par devenir ami(e)s et à s’entraider naturellement. J’ai moi-même conservé quelques ami(e)s que je continue de côtoyer.

Que conseillerais-tu aux alliés et aux membres?

Je leur dirais de ne pas abandonner leur travail auprès des élèves. Ils font un travail très important. Et avec du recul, ils se rendront compte de tout ce qu’ils gagnent à aider les autres qui en ont besoin. Aux nouveaux arrivants, je leur dirais de venir aux rencontres! Celles-ci peuvent vous ouvrir des portes et vous permettre de rencontrer des gens exceptionnels dans votre école, mais aussi dans la communauté francophone de votre région.

Que deviens-tu aujourd’hui?

J’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires en 2016. Par la suite, j’ai continué mes études en anglais, alors qu’à mon arrivée à Toronto je ne parlais pas un mot, mais je l’ai vite appris! En 2018, j’ai obtenu ma licence pour être préposée au soutien du personnel infirmier.
Aujourd’hui, j’étudie en sciences infirmières. Je vais obtenir mon diplôme en août et en ce moment je suis en stage à l’Hôpital général de North York au département de chirurgie. Au travail, mon bilinguisme est très apprécié des patients.

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