4 mythes autour de la bande dessinée

par Carolane Robitaille

Certaines personnes considèrent la bande dessinée comme un genre littéraire facile, humoristique et sans grands apprentissages pour le lecteur. Ces jugements sont-ils fondés? Voyons voir.

Mythe # 1 : La bande dessinée c’est de la sous-littérature.

« Pas du tout! Avoir de telles croyances, ce n’est pas bien connaître la bande dessinée! » affirme de façon catégorique la conseillère pédagogique Gabrielle Bergeron. L’offre actuelle est riche et diversifiée. Les bandes dessinées se déclinent en différents genres : sans texte pour les plus jeunes (de quoi libérer leur imagination!), hybride, d’aventure, humoristique, préado, contes, biographiques, historiques, d’informations, et plus encore.

Petit poilu, Amour glacé (T.10), Pierre Bailly et Céline Fraipont, Dupuis

À cela, s’ajoute la multitude de créateurs talentueux qui s’intéressent davantage à leur lectorat diversifié et créent des œuvres spécialement pour lui. La bande dessinée a certainement gagné ses lettres de noblesse avec le décloisonnement des genres : pensons notamment aux formats multiples et plus portatifs, au déploiement de la case, à la profondeur des thèmes abordés et au traitement de l’histoire.

Imbattable, Pascal Jousselin, Dupuis

Mythe # 2 : La bande dessinée c’est de la lecture pour les paresseux.

Lire une BD n’est pas une action passive. Elle représente une double lecture : l’une graphique et l’autre narrative. Eugenia Doval, technicienne en bibliothèque à l’élémentaire, explique que l’enfant doit d’abord décortiquer l’image et ses indices, puis lire dans l’ordre et interpréter. Pour comprendre ce qui se passe, l’enfant doit faire du sens avec les images et le texte. Elles et ils développent ainsi leurs habiletés de réflexion et d’interprétation, puisque les réponses ne sont pas explicitement dans le texte.

Les bandes dessinées ne sont pas remplies d’onomatopées : elles proposent des dialogues, évidemment, mais aussi de la prose et de la poésie, dans des textes souvent courts mais parfois longs qui décrivent, racontent, expliquent, convainquent et illustrent des péripéties diverses.

Ce court extrait de Louis parmi les spectres de Fanny Britt et Isabelle Arsenault démontre bien la poésie que l’on peut retrouver dans les bandes dessinées ainsi que la longueur des textes :

« Je ne savais pas que l’amour c’est comme une roche qui nous explose le cœur, qui fait mal autant qu’il fait vivre, et qu’il donne envie de fuir en même temps qu’il nous empêche de le faire. Ce que je savais c’est que la plupart du temps, ça finit mal. »

Louis parmi les spectres, Fanny Britt et Isabelle Arsenault, éditions La Pastèque

Mythe # 3 : La bande dessinée, c’est que de l’humour.

« Faux. », argumente Eugenia Doval. La bande dessinée traite de différents thèmes, pas tous remplis d’aventure et d’humour! Certaines bandes dessinées abordent des thèmes plus délicats ou sensibles comme le deuil, la maladie et la guerre, par exemple. Les bandes dessinées d’aujourd’hui sont aussi beaucoup moins stéréotypées que les comics qui viennent à l’esprit de beaucoup de gens quand on leur parle de BD. Une bande dessinée peut aussi élargir les connaissances des enfants, faire réfléchir et générer des discussions.

Les Dragouilles, Maxim Cyr et Karine Gottot, éditions Michel Quintin

Mythe # 4 : La bande dessinée s’adresse aux garçons qui n’aiment pas la lecture.

Dites-vous que si votre enfant aime lire des bandes dessinées, c’est super, il aime les livres! « Nous devrions encourager tous les élèves qui lisent, peu importe le genre. » croit M. de Grand’Maison, enseignant au secondaire qui a démarré l’an dernier un projet parascolaire avec ses élèves sur la bande dessinée.

La bande dessinée est enrichissante pour votre enfant. Beaucoup de filles s’intéressent aussi à ce genre et d’ailleurs, il existe des collections complètes de bandes dessinées dont les superhéros ou les protagonistes sont créés spécialement pour plaire aux filles et rejoindre leurs intérêts.

Pour faire découvrir d’autres genres littéraires à votre jeune, profitez de son intérêt pour la B.D. pour poser des questions et en apprendre davantage sur ses goûts : pourquoi a-t-il aimé cette bande dessinée? Qu’est-ce qui lui a plu dans la lecture de celle-ci? Est-ce le personnage? Le thème? Ou encore le format? Est-ce un intérêt pour les images? 

Partez de ses réponses pour trouver de nouvelles suggestions de lecture et lui faire découvrir de nouveaux auteurs, genres et formats. Des personnages de bandes dessinées se retrouvent parfois dans des romans. Il existe aussi des romans qui intègrent de courtes bandes dessinées pour animer leurs pages. Les possibilités sont infinies!

Mammouth Rock, Guillaume Perreault et Eveline Payette, éditions La courte échelle

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