Quentin Westberg : « Le secret de ma réussite, c’est ma famille! »

D’après les propos recueillis par Samuel Njeng

Quentin Westberg, 34 ans, vit à Toronto depuis février 2019, avec sa femme et leurs trois enfants. Né en France, sa carrière professionnelle l’a amenée à jouer notamment pour le club français AJ Auxerre avant de rejoindre la ville Reine. Récemment, il a livré un message d’espoir et de résilience aux familles de l’école de ses enfants; un message inspirant, comme les bons pères de famille savent le faire.

Quentin Westberg, joueur de soccer professionnel à Toronto, s'adresse aux familles de l'école de ses enfants par vidéoconférence.

Quentin Westberg parle de la réussite

"Je pense que la réussite n'est pas sportive, mais elle est humaine. C'est savoir bien s'entourer, c'est d'avoir une famille qui te suit avec le sourire. C'est ta famille qui sait s'intégrer dans des endroits différents. C'est toi qui s'est intégré dans des endroits différents… Je pense que cette force, c'est que j'ai réussi à fonder une famille tout en faisant ma passion, mon métier, et que j’y prends toujours autant de plaisir – que ce soit au Canada, en France ou même en Norvège, où j'ai passé 4 mois à jouer, mais surtout à partager ce quotidien avec ma famille. Donc, si on doit parler de réussite, je pense que ma plus belle réussite, en tout cas le secret de ma réussite, c'est ma famille. Ça, c'est sûr."

Quentin Westberg parle de résilience au temps de la COVID-19

"C'est un moment particulier parce qu'on se retrouve du jour au lendemain tous chez nous, confinés, avec très peu de déplacements possibles, avec des enfants remplis d'énergie qui n'ont qu'une envie : voir leurs amis, voir leur professeur, sortir, faire leurs activités, interagir; ce qui est normal. Donc oui, c'est un moment particulier. Mais il y a bien sûr une sorte de crainte parce qu'on ne maîtrise pas tout. On n'est pas au courant de tout, mais je pense qu'il est important de bien se comporter, de juste faire confiance, de profiter du temps qu'on a en famille. C'est vrai que pour beaucoup, souvent, on n'a pas la chance ou on ne passe pas les moments qu'on voudrait en famille. Là, on nous demande de passer des moments en famille pour bien agir et je pense qu'il faut le prendre comme une chance à ce niveau-là. Bien sûr qu'il y a des gens qui sont plus difficiles que d'autres."

Bien sûr qu'on aimerait tous avoir nos activités en plus de notre famille, mais c'est comme ça. Je pense que la meilleure chose à faire, c'est de rester chez soi et de bien agir. Ça fait avancer la société, avancer le problème, mais ça permet de protéger nos aînés plus vulnérables. Moi, passer du temps en famille, c'est quelque chose que j'adore; donc je le fais sans problème.

"Nous, on passe des journées qui se ressemblent pas mal, c'est à dire que le matin, les enfants ont leurs devoirs, leurs cours en ligne. (Quentin en profite pour remercier le personnel de son école pour avoir mis en place des initiatives qui permettent aux élèves de « continuer à évoluer et continuer à interagir avec les moyens du bord ».) Et pendant qu'ils font ça, moi, j'ai mes entraînements aussi. C'est mon métier de rester en forme […] Rien ne remplace le terrain et le ballon, mais je m'entretiens physiquement. Je passe beaucoup de temps dans mon sous-sol, sur le vélo, ou bien je sors courir. Je fais beaucoup d'exercice, de musculation, de renforcement musculaire pour garder la forme, pour être prêt le jour où on pourra sortir... On ne va pas me mettre sur pause. Il va falloir être performant à nouveau. Il va falloir être compétitif à nouveau de la même manière que vous, les élèves, ou vous les parents, gardez une activité pour pouvoir être productifs à partir du moment où on sera « déconfinés »… Moi, c'est exactement pareil."

Quentin Westberg lors d'un match à Toronto. Crédit photo : Mark Fann (tous droits réservés).

Quentin Westberg parle de l’importance de demeurer actif

Je pense que comme toute autre chose, c'est important de découvrir des choses qu'on ne fait pas forcément; ou si on aime déjà ça, de le faire un petit peu plus… C’est un peu comme la lecture, c'est un peu comme les arts. Je pense qu'on se porte mieux quand on sait ce qu'on ne rate pas.

C'est à dire que si vous savez que vous n'aimez pas le sport, mais que vous n’en pratiquez jamais, ou vous ne les avez pas tous essayés, c'est une croyance, « ce n'est pas quelque chose d’ADN ». C'est pourquoi, je pense, que c'est important d'essayer de s'ouvrir. On peut se décréter non sportif, mais on ne sait pas qu'on ne va pas pratiquer un sport qui va nous plaire. Donc, même un peu d'exercice, juste pour être en bonne santé, pour garder une activité… Ce n’est pas le temps qui manque par les temps qui courent pour se mettre un petit peu en mouvement, pour faire un peu d’exercice. Moi, je suis sportif professionnel, mais le temps que je passe dans mon sous-sol, les exercices que je fais, je ne les aiment pas forcément, mais je sais que c'est pour mon bien et que c'est en rapport avec mon métier. Maintenant, il y a beaucoup de choses qui peuvent s'ouvrir à nous, ensuite, une fois que la vie normale aura repris, entre guillemets, et que toutes les activités sportives seront praticables, je pense que la simple gymnastique de s'être mis dans une dynamique active, peut faire du bien; de la même manière que lire un peu plus, ou écrire, se changer les idées ou faire de la méditation. Il y a tellement de petits outils qui vous sortent du quotidien, se laisser porter par le temps, être un peu tributaire des séries télé, des repas qu’on mange, ou de son entourage. Ça permet de se recentrer un peu plus sur soi-même, de donner du temps à notre famille - parce que pour beaucoup, on passe de pas beaucoup de temps passé en famille à énormément de temps - du coup, ça permet d'être plus heureux et d'être un petit peu plus détendu quand on est tous en interaction.

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